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 L'armée russe massacre en toute impunité

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Gregoire



Nombre de messages : 3
Date d'inscription : 24/05/2006

MessageSujet: L'armée russe massacre en toute impunité   Mer 24 Mai 2006, 08:37

INGOUCHIE, de notre envoyé spécial François Bonnet
Les deux femmes, la mère et la fille, ont fui Grozny la veille. Exténuées, superposant des couches de vieux vêtements pour lutter contre le froid, et portant dans les bras deux jeunes enfants, de dix mois et de deux ans et demi. " Nous n'avons plus d'argent, plus de nourriture ", disent-elles


A la recherche d'une place dans les camps de réfugiés bondés
d'Ingouchie, la République voisine de Tchétchénie, elles expliquent leur fuite, elles qui ont tenu des mois dans les décombres de la capitale, en vivant dans un box de garage près du marché central. Et un mot revient en litanie : la peur.

Une peur qui imprègne les regards et les paroles, et qui les retient parfois de donner un nom, une précision. " Vous comprenez, ils le tueraient immédiatement ", dit Leila, la mère, quarante-huit ans. " Non, peut-être est-il toujours vivant ", souffle sa fille Khadiat, vingt-six ans. La première aimerait encore sauver son frère : raflé il y a deux mois par les Russes, il serait enfermé dans une annexe de la kommandanture (poste militaire) d'Argoun, une ville au sud de Grozny. On lui a proposé de le racheter pour 5 000 dollars (plus de 35 000 francs). La seconde aimerait espérer que son mari est vivant : embarqué par les Russes le 26 novembre à Grozny, il aurait été fusillé le soir même pour avoir tenté de résister aux tabassages et tortures. C'est ce que lui ont dit d'autres hommes, raflés eux aussi, mais libérés quelques jours plus tard après le supplice de la " fosse aux loups " et de l'électricité.
De nombreux témoignages racontent une nouvelle intensification de la terreur entretenue par les forces russes en Tchétchénie. Harcelée par les combattants indépendantistes jusqu'au centre même de Grozny, perdant entre 20 et 30 hommes par semaine (9 tués et 18 blessés pour la seule journée du 15 décembre), l'armée exerce des représailles massives contre les civils. Le 15 décembre, l'état-major annonçait le lancement d'" opérations spéciales " et le déploiement d'unités dans plus de 200 des 350 localités tchétchènes. Un " nettoyage " à grande échelle en quelque sorte. Le lendemain, huit cadavres de civils portant des marques de tortures et des blessures par balles étaient retrouvés près de Mesker-Iourt, un village soumis à une zatchistka, le 11 décembre.
" Maintenant le principe de responsabilité collective est systématiquement appliqué : un soldat russe est tué, la population doit payer d'une manière ou d'une autre ", dit Aslanbek. Travaillant pour une organisation humanitaire internationale, il fait les allers-retours entre la Tchétchénie et l'Ingouchie. " J'ai rencontré beaucoup d'hommes passés par les fosses ou les caves des kommandatures, ils sont cassés, menacés d'exécution ­ eux ou leurs parents - s'ils parlent ", dit-il. Lui-même, ajoute-t-il, a dû racheter aux Russes un parent arrêté il y a deux mois près de Chali. " 10 000 roubles (2 500 francs) et deux fusils automatiques ; on m'a indiqué à la kommandature où je pouvais acheter les armes : c'était à un militaire dans la pièce à côté… "
A Sleptovsk, en Ingouchie, près de la frontière, les hommes qui font le taxi jusqu'aux localités tchétchènes égrènent les mêmes récits : bakchichs versés aux postes de contrôle russes, rachats de prisonniers, pillages de maison, documents d'identité déchirés ­ arrestation certaine au prochain contrôle suivant -, bombardements. " Dès l'âge de quinze ans, tous les hommes sont menacés, cela devient très difficile de rester ou de circuler ", dit Magomed, un chauffeur. La plupart sont d'ailleurs partis rejoindre les camps de réfugiés d'Ingouchie, ce qui n'était pas le cas au printemps, encore moins durant l'hiver dernier.
A Nazran, l'organisation russe de défense des droits de l'homme, Memorial, centralise de nombreux témoignages recueillis en Tchétchénie. Tous font état d'exactions d'une soldatesque russe que plus aucun pouvoir ne semble contrôler. " Chaque groupe militaire fait ce qu'il veut, bombarde, nettoie, pille, il n'y a plus de procédures sauf un simulacre judiciaire qui ne vise qu'à nier les droits des victimes ", dit une responsable de l'association. " On s'est aperçu que des unités qui n'étaient plus payées recommençaient à bombarder ou à tirer, peut-être pour toucher les primes d'engagement. "
C'est sans doute ce qui s'est produit à Tsa-Vedeno, un village du sud, le 24 novembre, un vendredi. Ce jour-là, un missile sol-sol explose vers 15 heures entre la mosquée et l'école. Zoulaï Baguieva, vingt-neuf ans, enceinte de huit mois, est tuée sur le coup, Moussaïev Djabraïn, un écolier de dix ans, est blessé. Alors que proches et amis de Zoulaï se rassemblent dans la maison de Seti Sataïev, son beau-père, pour préparer les funérailles, un bombardement au mortier les vise. " C'était encore plus effrayant que le missile, après les soldats ont entouré le village puis notre maison, ils ont tué toutes les poules, ramassé les éclats du missile ", raconte-t-il. Le village sera ensuite bloqué plusieurs jours.

Le 15 décembre, l'état-major annonçait le lancement d'" opérations spéciales " dans plus de deux cents localités

Les 26 et 27 novembre, c'était au tour du marché central de Grozny de subir une " opération spéciale ". Deux jours plus tôt, deux soldats russes y ont été tués. Ce dimanche, les forces russes, équipées de blindés, de chars et de bulldozers, bouclent la zone. Les hommes sont séparés des femmes et des enfants. Au moins vingt d'entre eux, selon plusieurs témoins, sont arrêtés, dont des miliciens tchétchènes de l'administration locale. Trois jours plus tard, les cadavres de deux miliciens seront retrouvés près de la gare, attachés et piégés à la grenade.
Les stands du marché sont pillés. Les étals sont ensuite rasés au bulldozer. Le lendemain, l'opération se poursuit dans les rues avoisinnantes, menée par " des soldats ivres ", selon plusieurs témoins. Ces actions de terreur quand, à Moscou, les autorités russes prétendent organiser " la normalisation et la reconstruction de la Tchétchénie ", ont relancé l'exode de la population civile. Des milliers de réfugiés ont afflué ces deux derniers mois en Ingouchie, clandestins cette fois, puisque le service russe des migrations refuse leur enregistrement. Le nombre officiel demeure de 146 000 " personnes déplacées ". Dans les camps, on parle de 170 000 peut-être 190 000 réfugiés. Un chiffre identique à celui de l'hiver 1999.
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