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 La Pologne, porte dérobée de l’Europe pour les Tchétchènes

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vinka



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MessageSujet: La Pologne, porte dérobée de l’Europe pour les Tchétchènes   Ven 26 Oct 2007, 02:00

quotidien du 26 10 07

«Allah akbar, Allah akbar…» une voix se perd au milieu d’une forêt de hêtres, à moins de trente kilomètres de Varsovie. Des hommes, désœuvrés, vont se recueillir dans l’un des baraquements d’une ancienne caserne reconvertie en centre d’accueil pour les réfugiés, à Debak. Ils prient pour une vie meilleure en Occident. Car aux yeux des 200 Tchétchènes qui vivent ici, la Pologne n’est pas le bout du chemin. Bien que membre de l’Union européenne depuis 2004, elle ne les fait pas rêver. «Entre la France et la Pologne, la différence est aussi grande qu’entre la terre et le ciel», dit Dagmara, 40 ans, une mère de six enfants ballottée à travers l’Europe depuis trois ans. Arrivée légalement en Pologne, elle a vite repris sa route pour passer illégalement, cachée dans un camion, en Allemagne puis en France. Elle a dépensé pour cela toutes ses économies. «A la préfecture du Mans, nous avons demandé un statut de réfugié. Notre famille a été logée dans un hôtel à Saint-Laure, dans trois chambres confortables. Nous étions nourris au restaurant, nous avions de l’argent de poche», se souvient-elle avec nostalgie. Les autorités ont découvert au bout de deux mois que la France n’était pas le premier pays d’Europe où ils avaient débarqué. «Ils nous ont expulsés en Pologne» , raconte Dagmara. La famille a réintégré Debak, où elle renouvelle ses demandes d’asile pour ne pas être renvoyée en Russie.

«Preuve». «Pour les réfugiés tchétchènes, la Pologne est un pays de transit», explique Malgorzata Gebert, responsable d’une ONG polonaise. Mais la législation européenne stipule que les réfugiés doivent demander l’asile dans le premier pays de l’Union dans lequel ils mettent le pied. «Au risque de leur vie, de plus en plus de réfugiés tchétchènes tentent d’entrer en Pologne illégalement, puis passent en Occident, où ils demandent l’asile» , ajoute-t-elle. Destination finale: la France, la Belgique ou l’Autriche, où les aides aux réfugiés sont les plus importantes. «Une fois arrivés, ils dissimulent qu’ils ont transité par la Pologne, se débarrassant de toute preuve – billets de tram, tickets de magasin ou étiquettes de vêtements – qui établirait qu’ils sont passés par ce pays» , raconte Gebert.

Kamissa avait décidé de faire la même tentative. Mais en franchissant à pied les montagnes de Bieszczady, entre l’Ukraine et la Pologne, cette mère tchétchène accompagnée de ses quatre enfants s’est égarée. Ses trois filles Khava, 13 ans, Seda, 10 ans, et Elima, 6 ans, sont mortes de froid et de faim. Le petit dernier dans les bras, elle a dû les abandonner pour aller chercher des secours. Ceux-ci ne sont pas arrivés à temps. Les trois fillettes étaient mortes. Le drame a secoué toute la Pologne.

Alors que Kamissa cherchait son chemin dans la montagne, Sultanov et Dashu entraient légalement en Pologne, par la route la plus courte: la Biélorussie. Après avoir vendu tous ses biens, ce soudeur originaire d’un village situé près de Grozny, est arrivé le 11 septembre, avec sa femme et ses trois enfants après quatre jours de train, et un transit par Moscou. «Je ne pouvais pas prendre de risques avec un enfant malade», dit-il. Il veut gagner l’Autriche: «Nous avons entendu dire qu’un petit garçon qui a la même maladie que notre fils y a été guéri», dit Dashu. A 6 ans, leur aîné ne parle pas, ne voit pas et ne marche pas. «Notre rêve, c’est qu’il se rétablisse. Les médecins polonais nous ont dit qu’ils ne peuvent rien faire» , dit sa mère.

«Séjour toléré». En Pologne, les Tchétchènes ont droit au «séjour toléré», instauré par les autorités, et qui permet de travailler et de bénéficier d’une couverture maladie. Mais l’allocation hébergement s’arrête après deux mois. Ils doivent ensuite payer eux-mêmes leur loyer, alors que le pays manque de logements sociaux.

Larissa, 26 ans, s’est résignée. «Nous n’avons pas d’autre choix», dit-elle. Comme des centaines d’autres, elle a été refoulée d’Allemagne. Son troisième enfant est né à Berlin. Aujourd’hui, Larissa fait du ménage au noir à Varsovie, et parvient avec un peu d’aide sociale et l’argent envoyé par sa famille à joindre les deux bouts. «Même si le pays est pauvre, il n’y a pas de guerre et personne ne vient nous passer à tabac» , dit cette femme dont le mari a été battu par les soldats russes à deux reprises.

Le président tchétchène pro-russe, Ramzan Kadyrov, déclare qu’il veut faire rentrer les réfugiés. «On nous dit que la guerre est finie et qu’on peut revenir au pays, mais ceux qui ont soutenu le mouvement séparatiste continuent d’avoir des problèmes» , confie Elbrus, 27 ans. Même si, à Debak, sa vie ressemble «à la vie dans une maison d’arrêt», tout vaut mieux que la peur en Tchétchénie.
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